Il y a des œuvres que l’on choisit d'écrire, et des œuvres qui s'imposent, naissent d'une nécessité plus profonde que le désir de composer.
Ce quatuor avec piano ne raconte pas la mort comme une fin brutale ni comme une tragédie à conjurer. Il raconte le chemin qu'il faut parcourir pour l'accueillir sans qu'elle ne nous détruise : le trajet intérieur qui va de la sidération à une forme de paix. La musique porte, dans son geste même, les étapes que traverse quiconque a un jour perdu quelqu'un : le choc initial où l'on refuse encore d'y croire ; la révolte contre ce qui est arrivé ; la longue traversée du chagrin ; et enfin, c'est là le cœur de la pièce, l'acceptation, qui n'est pas une résignation mais une réconciliation. Une mort qu'on finit par regarder en face, et qui, à force d'être regardée, cesse de faire peur.
J'ai écrit cette musique dans un langage résolument romantique car le deuil est une expérience du corps, du souffle, du cœur qui se serre et qui, parfois, se desserre. Æterna m'a offert ce que la musique sait faire mieux que tout : accompagner et consoler par la beauté, jusqu'à ce que la paix redevienne possible.