Peut-on tout chérir de son existence, jusqu'à ses propres regrets ? On dit qu'au seuil du dernier voyage, le regard ne s'arrête pas sur ce qui fut accompli, mais sur ce qui n'a pas été osé. C'est ce vertige, celui de l'Empereur Titus s'éteignant sur cet ultime aveu : « Je n'ai qu'un seul regret » qui a sculpté Amor Fati.
J'ai voulu imaginer l'épopée intérieure de ce dernier souffle : ce moment suspendu où une vie entière défile en un instant, et où l'ombre des regrets lutte une dernière fois avec la lumière d'une acceptation souveraine. Dans cette partition, les trompettes de la fatalité croisent l'une des mélodies les plus lyriques que j'aie jamais composées. Au cœur de l'œuvre, le violoncelle tombe sa toge pour se transformer en Oud et invoquer le mirage de la Reine de Judée. Dépasser le regret pour trouver la paix : c'est le voyage que je vous propose de partager. Car c'est là l'essence de ce concept : non pas subir ce qui nous arrive, mais embrasser chaque détour du sort comme une force créatrice.