Automata cherche à raviver, le temps de trois mouvements, l'émotion troublante qui enveloppe Paris au 18ème siècle lors de l'apparition des premiers automates. Capables de jouer de la musique, de dessiner ou d'écrire, ces humanoïdes articulés suscitent à la fois fascination et effroi parmi les foules du monde entier venues les admirer. Horlogers, marionnettistes et inventeurs rivalisent alors d'ingéniosité pour créer, par la prouesse technologique, des androïdes que l'on pourrait croire vivants, mieux encore en leur faisant reproduire tous nos gestes artistiques : que l'on pourrait croire humains.
Combinant le souffle chaleureux des bois et le son mécanique des percussions, alternant la rondeur onirique du vibraphone et les slaps du saxophone, la pièce vient brouiller les limites entre humains et machines pour nous transporter dans la Uncanny Valley (« vallée de l'étrange »), un phénomène théorisé d'inquiétante étrangeté que l'on ressent à la contemplation d'un être dont la nature nous échappe.
Aujourd'hui, bien que peu de vestiges de ces créations subsistent, leur héritage perdure : ces premiers automates sont les ancêtres de nos robots modernes et annoncent l'avènement de l'intelligence artificielle ainsi que les questions philosophiques complexes qui nous attendent dans les années à venir.