Le mythe du virtuose possédé hante l’histoire de la musique depuis des siècles. On se souvient de Niccolò Paganini, dont chaque concert nourrissait les rumeurs de pacte diabolique. Les chroniques évoquent un corps saisi de transes, des mains démesurées, presque arachnéennes, courant sur les cordes avec une précision inhumaine.
Mais si la légende s’était trompée de coupable ? Si la possession ne résidait pas dans l’homme, mais dans l’instrument lui-même ?
On raconte qu’il existe un violon anonyme, une carcasse de bois longtemps abandonnée dans l’ombre, qui aurait traversé l’Europe en semant la fièvre et la folie dans son sillage, passant de mains en mains comme se transmet une malédiction. Ce n’est pas un instrument : c’est une relique hantée, un réceptacle de mémoires obscures, attendant un souffle pour s’éveiller et réclamer l’âme de celui qui osera en tirer le prochain son.