La Cinquième Saison (2023) est l’accomplissement de notre désir commun, avec Julien Martineau, de créer le premier concerto d’ampleur pour mandoline et orchestre symphonique : une œuvre épique et émouvante imaginée comme une épopée fantastique. Il se divise en trois chapitres :
I. Le secret des feuilles commence par une rumeur, une brise légère qui se propage entre les arbres, s’amplifie et finit par éveiller la forêt toute entière. Un premier thème mélancolique tourbillonne dans l’air comme une feuille emportée par le vent ; on le retrouve ensuite planant, rampant, coulant sous différentes émotions à mesure que la mandoline chemine dans sa quête. Le deuxième thème du mouvement est un air paysan, énergique et joyeux qui rebondit en écho lors du développement pour rappeler le village quitté au début du voyage.
II. La source est un aller-retour intime et solitaire vers le cœur mystérieux de la forêt. La mandoline rencontre sur son chemin des êtres ancestraux incarnés par les instruments solistes de l’orchestre jusqu’à atteindre, au centre du mouvement, le sanctuaire légendaire d’où s’écoule la sève et palpite la Nature-même. Après un moment d’épiphanie, elle entame le chemin inverse pour rentrer, déjà transformée par son ineffable découverte.
III. Feu de joie s’ouvre sur une fête truculente où s’entrechoquent chopes et tabourets dans une ambiance survoltée. L’aventure touche à sa fin mais il reste un dernier moment pour se conter des aventures, chanter, danser sous les étoiles. Soudain la fête est interrompue par une commémoration funèbre aboutissant sur un incendie qui consume tous les thèmes du concerto dans un brasier immense. Enfin, dans la nuit silencieuse, la mandoline murmure un ultime adieu et s’élève, solitaire, vers les constellations éternelles.
Outre son souffle romanesque, j’ai choisi La Cinquième Saison comme titre pour trois raisons intimement liées les unes aux autres : l’évocation de la Nature, l’évocation du Temps, et l’hommage discret à Antonio Vivaldi.